Réflexions sur le Summer Institute on Youth Mentoring 2020

Le Summer Institute on Youth Mentoring est un rassemblement d’une semaine tenu par l’Université Portland State, organisé par le Dr Thomas Keller et commandité par MENTOR. Cette année, l’événement avait eu lieu en ligne, et deux membres du PCM, Michael et Véronique, ont participé. Voici leurs réflexions... 

Notre domaine est énormément redevable aux chercheuses et chercheurs en mentorat pour leurs contributions et leur travail acharné partout à travers le monde. Grâce à elles et à eux, nous sommes en mesure de mettre de l’avant de nouvelles idées et de nous pencher sur des enjeux difficiles qui touchent notre domaine. Le thème de cette année était le mentorat des jeunes personnes plus âgées pour qu’elles soient mieux préparées au cégep, à l’université et au marché du travail, ainsi que pour faciliter leur transition vers la vie adulte. Les membres qui ont participé au Summer Institue ont appris sur les dernières découvertes sur la théorie et la recherche concernant le mentorat des jeunes, ont discuté avec leurs pairs et ont réfléchi ardemment aux innovations possibles à apporter aux programmes.

Les sessions inclues

Les présentateurs du Summer Institute ont été sélectionnés pour leur expertise dans le mentorat et le développement des jeunes issus de divers horizons professionnels

Comprendre et utiliser les sources de soutien offertes aux jeunes pendant leur période de transition entre les études et le monde du travail

Shannon Varga


Mieux comprendre la confiance accordée par les jeunes : le rôle de la confiance dans les organismes

Aisha Griffith 


Mentorat urbain, faibles revenus, étudiantes et étudiants de l’Amérique latine en voie de finir leur secondaire

Bernadette Sanchez & Lidia Monjaras-Gaytan


Les relations de mentorat du Year Up Program

Jess Britt 


Nouvelles approches pour mentorer les jeunes personnes plus âgées

Sarah Schwartz


Apprendre davantage sur les présenteurs et présentrices

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Michael Garringer, directeur de la recherche et de l’évaluation chez MENTOR (États-Unis), a très bien résumé les profondes discussions de cette semaine. Voici quelques points importants méritant d’être soulevés :   

Voir le mentorat comme un TRAVAIL D’ÉQUIPE plutôt qu’une intervention INDIVIDUELLE.

La relation de mentorat est un multiplicateur de relations. Comme dans une communauté, le rôle principal de la personne responsable de l’organisation est de recruter un individu apte à la remplacer. Alors, nous devons, en tant que mentors, changer notre mentalité de duo vers une mentalité d’équipe. Les sources de soutien et les réseaux aident les jeunes à établir de nouvelles relations et à développer leur capital social. Une « approche par équipe » permet d’apporter un éventail de compétences, d’occasions et d’opinions bénéfiques. 

La mentalité d’équipe est utile pour recruter de nouveaux mentors, car elle permet de réduire la pression que ces derniers peuvent ressentir. En effet, souvent ces personnes sentent qu’elles doivent avoir réponse à tout. Si nous mettons en place une culture qui encourage l’idée d’un mentorat épisodique ou temporaire dans nos programmes, plutôt que de voir en la dyade la panacée, nous serons en mesure de mieux guider les personnes mentorées et rendre le mentorat plus accessible. Comme pour un organisme à but non lucratif efficace, il faut chercher à mettre en place un conseil d’administration qui prendra des décisions qui serviront l’intérêt des jeunes et les aideront à établir leurs objectifs pour les atteindre. 

Demander d’établir une nouvelle relation peut être intimidant et nécessite de la pratique. Les mentors peuvent offrir aux jeunes du soutien affectif et leur montrer comment chercher de l’aide en les faisant pratiquer (en agissant comme guide). 

Les jeunes ont besoin d’aide à reconnaître les relations déjà existantes. Les aider à comprendre de nouvelles relations et les encourager à faire une demande nécessite de la pratique. Un mentor peut jouer un rôle central qui permettra de tisser de nouvelles relations utiles. Faire preuve d’attention et écouter les jeunes parler de leurs espoirs, leurs rêves, leurs intérêts et leurs objectifs est essentiel si l’on souhaite favoriser de premières rencontres réussies avec les bonnes personnes. En avançant à petits pas, en faisant des entrevues d’information, ou en effectuant un suivi sur une « tâche » donnée par le programme, par exemple, on peut alléger le fardeau social qui pèse sur les jeunes et les aider à se conformer (p. ex. mon programme requiert que je demande à trois individus étudiant à l’université de me parler de leur expérience). Montrer aux jeunes comment bâtir leurs propres réseaux pourrait s’avérer être le modèle le plus durable de tous.  

Les programmes peuvent se concentrer sur l’aspect de création d’une « infrastructure » et de contextes institutionnels dans lesquels les adultes peuvent répondent de manière positive lorsqu’une jeune personne se présente pour établir une relation. En intégrant les adultes dans les sources de réseaux, elles ou ils peuvent profiter de certaines formations ou informations sur le rôle (offertes par des mentors de tous les jours, comme les enseignantes et enseignants, les entraîneuses et entraîneurs, et les autres adultes qui sont en mesure d’être un modèle de rôle et une influence positive) pour savoir à quoi s’attendre. Comment pouvons-nous montrer aux adultes comment se rendre accessibles lorsque les jeunes leur demandent de se faire mentorer ? 

Nous croyons qu’il vaut la peine de revisiter certaines études effectuées dans ce domaine telles que le cadre des soutiens naturels et la manière dont nous pouvons faire davantage pour encourager le renforcement des liens. Intéressé à apprendre davatange sur ce sujet ?

Nous ne pouvons jamais oublier le rôle fondamental que joue la confiance. Il est crucial de gagner la confiance des jeunes dans une relation de mentorat et de prendre des décisions réfléchies. 

Lorsque vous présentez d’autres individus à la personne que vous mentorez, songez à leur expliquer comment obtenir la confiance des jeunes, ou du moins, ne pas la diminuer. 

Les gestes et les activités contribuant à croître la confiance des gens sont essentiels pour tisser des liens étroits. Les projets et les activités que vous faites au début avec la personne que vous mentorez fonctionnent comme une sorte de « terrain d’essai » pour le mentor ou l’adulte-guide.  

Accueillez le contexte culturel de la jeune personne et de sa famille, félicitez toutes les formes d’expériences vécues dans sa vie et concentrez-vous sur ses forces. 

Attendez-vous à un parcours sinueux lorsque vous guidez de jeunes adultes. 

Nous savons qu’il faut être patient lorsqu’il s’agit d’établir un lien de confiance étroit, et parfois, même les plus belles histoires de relation de mentorat ne suivent pas un chemin sans embuches. Établir des attentes réalistes au tout début peut aider le mentor à avoir une meilleure compréhension et une meilleure satisfaction de son expérience. 

Les programmes de mentorat devaient offrir de la flexibilité en ce qui concerne « les montées et les chutes » d’une aventure, ou lorsque celle-ci doit être entreprise de nouveau quand une jeune personne fait une erreur ou se dirige dans la mauvaise direction. Parfois, plusieurs obstacles peuvent se dresser sur le chemin d’une jeune personne, et les programmes de mentorat ainsi que les mentors peuvent chercher à retirer ces obstacles (argent, documents, relations familiales, partage de renseignements, problèmes pratiques).  

Les mentors devraient garder en tête que la personne qu’elles mentorent est quelqu’un de complet en soi. Elles devraient plutôt lui demander comment les choses vont dans les différentes sphères de sa vie (famille, école, santé, etc.).  

Ne perdez jamais la vue du long terme. Il n’est jamais trop tôt pour parler des périodes de transition vers la vie adulte et explorer différentes possibilités qui encourageront la croissance, l’acquisition de connaissances et l’intégration dans le monde du travail. 

Lors du rassemblement, il y a eu tant d’observations, de réflexions et de questions qui nous permettront d’orienter nos projets cette année. Au cours des prochains mois, le PCM visera à partager certaines de ces idées et de ces découvertes aux praticiennes et praticiens du Canada de manière plus tangible. Restez à l’affût !  

Une fois de plus, nous tenons à remercier le Dr Thomas Keller et toute l’équipe qui a organisé cet événement, Michael Garringer et l’équipe MENTOR d’avoir commandité l’événement, et toutes les participantes et tous les participants ainsi que toutes les chercheuses et tous les chercheurs qui ont pris le temps de partager leur savoir avec nous. 

Avez-vous des questions ? Contactez-nous !

 

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